Dans chacun de nos pays, nous assistons à un développement rapide des
finances solidaires. Ce développement s’explique en grande partie par le
désintérêt des financiers classiques pour une grande partie des territoires,
des communautés et des économies, mais il trouve son origine dans l’initiative
de personnes, de groupes ou d’associations qui refusent cette situation
d’abandon.
Ainsi, nous constatons :
·
la naissance et
le développement de très nombreux acteurs financiers solidaires qui
interviennent à différentes échelles, le plus souvent au niveau local
(institutions de micro finance, IMF), parfois à des échelles nationales ou
sous-nationales (établissements financiers ou, même bancaires), quelques fois
au niveau international (fonds de garantie ou sociétés d’investissement
solidaires),
·
l’apparition,
dans certaines régions, de nouvelles monnaies créatrices de nouveaux types
d’échanges et de nouveaux systèmes financiers locaux,
· la construction de nouveaux circuits financiers entre, d’un côté, des offres de financements (épargnants privés ou bailleurs de fonds publics) et, d’un autre côté, des demandes de financements (emprunteurs et entreprenants privés). Ces circuits se construisent eux aussi à des différentes échelles, y compris à échelle internationale.
Renforcer la
coopération entre ces acteurs financiers solidaires et, pourquoi pas,
construire dans la foulée un « système financier solidaire mondial »
La finance s’efforce de rapprocher une offre et une demande de financements. La finance solidaire consiste à veiller à ce que ce rapprochement soit équitable et à ce que le financement des activités économiques apporte un mieux être social, environnemental et territorial.
Chaque acteur financier solidaire, aujourd’hui, se débrouille avec son environnement, un environnement qui lui est en général peu favorable. Chacun trouve des ressources financières, construit des partenariats avec les institutions de la place ou des agences financières internationales et détermine son action en fonction de ses moyens d’intervention.
Nul doute que le rapprochement des différents acteurs intervenant dans la finance solidaire, la création de nouveaux circuits reliant épargnants et entreprenants solidaires et mobilisant les intermédiaires nécessaires au bon fonctionnement de telles chaînes de financement, le renforcement des acteurs financiers solidaires intervenant au niveau international (sociétés d’investissement, fonds de garantie, instances de labellisation et de contrôle…) favoriseraient le rapprochement entre offres et demandes de financements solidaires, offres et demandes qui ont toutes chances d’être éloignées géographiquement les unes des autres. Une telle coopération entre les acteurs existants et des initiatives prises pour renforcer les maillons faibles ou manquants de ces chaînes solidaires donneraient naissance à ce que nous appeler le « Système financier solidaire mondial ».
Ce SFSM doit se comprendre comme la somme de tous les circuits ou systèmes financiers solidaires locaux, nationaux et internationaux qui doivent entre eux s’articuler selon un principe de subsidiarité. Dans ce jeu de construction, priorité doit être donnée aux circuits locaux, créateurs d’économies et de ressources locales.
Pour un
engagement de tous les acteurs financiers solidaires des différentes régions du
monde
Nous sommes des centaines, demain des milliers, à communiquer grâce à Internet et aux réseaux que nous avons tissés entre nous. Nous nous retrouverons à Porto Alegre plusieurs dizaines d’acteurs financiers solidaires, représentant des centaines de partenaires, ayant le désir et la volonté d’échanger et, au-delà de l’échange, de coopérer. Nous nous retrouverons autour de cette notion de SFSM et nous essayerons de dire ce que nous faisons chacun et de préciser ce que chaque famille d’acteurs peut apporter et retirer d’une coopération mondiale. Porto Alegre III peut être pour les finances solidaires un grand moment, un point départ pour la construction du SFSM. La réussite de ce processus dépends de nous tous.
Nous vous proposons donc, comme nous nous le proposons à nous-mêmes, de vous engager à participer à un réseau des « fondateurs du SFSM » et à apporter votre soutien aux efforts de construction d’une coopération mondiale en matière de finances solidaires. Nous verrons à Porto Alegre comment peut s’organiser un tel réseau, mais disons dès maintenant que nous limiterons là la création institutionnelle car, pour nous, le SFSM n’est rien d’autre que la recherche d’une synergie entre acteurs autonomes partageant une même volonté de contribuer à résoudre grâce à une finance nouvelle des drames sociaux et des hypothèques environnementales, qui mettent en cause rien de moins que l’avenir de l’humanité et celui de la planète.
Je souhaite
participer au réseau des fondateurs du système financier solidaire
mondial :
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