Indicateurs de Performance Sociale

 

Reynaldo Marconi, FINRURAL

11.12.02

 

Chers Collègues,

 

Comme beaucoup l’ont déjà formulé dans leurs interventions, je crois qu’il est utile et nécessaire de réfléchir et d’échanger des critères, des expériences et des résultats en matière de méthodologies et d’instruments de mesure des impacts créés par les microfinances au niveau des clients de ces organismes et, en particulier, d’en évaluer l’impact social.

FINRURAL a établi un service d’évaluation des impacts. Le système de FINRURAL fait partie du Programme ImpAct, qui reçoit l’appui de la Fondation Ford et bénéficie de l’aide de trois universités britanniques, Sussex, Sheffield et Bath. La conception méthodologique et instrumentale du service appartient à FINRURAL qui, dans ce cas, a pu compter sur l’appui du Programme ImpAct et principalement sur le conseil du Professeur Paul Mosley de l’Université de Sheffield. Ce service est orienté vers l’identification des changements, positifs ou négatifs, que les programmes de microfinances créent chez leurs clients. L’objet de ce Service est de fournir, par l’intermédiaire de rapports élaborés par FINRURAL, l’information nécessaire et objective sur l’impact des services financiers auprès des clients des institutions microfinancières (IMF). Le service encourage certains aspects méthodologiques permettant d’obtenir des résultats avec des niveaux de validité et de fiabilité acceptables et d’un prix réduit.

Ce Service d’Evaluation des Impacts offre deux types de produits : le premier se réfère à l’évaluation de l’impact individuel de l’IMF sur ses clients, il s’agit alors d’un rapport permettant à celle-ci d’avoir une information obtenue dans l’optique de ses clients, utile pour la prise de décisions quant à plans, stratégies et développement de produits ainsi que méthodologies financières. Le second document est le “ rapport ajouté ”, dans lequel l’impact d’ensemble créé par les programme de microfinances de toutes les institutions utilisant le service est présenté, avec des données concernant le soutien aux décisions politiques et stratégiques, non seulement pour ces institutions mais aussi pour des instances publiques et privées en liaison avec les microfinances.

Actuellement, FINRURAL et son Service d’Evaluation des Impacts est en train d’élaborer les rapports correspondant à 8 institutions financières utilisant le service. Ces institutions consistent en 4 ONG (CRECER, FADES, PRO MUJER, DIACONIA-FRIF), 2 Fonds financiers privés (FFP FIE, FFP ECOFUTURO) et 2 Coopératives d’Epargne et de Crédit, TRINIDAD et COMARAPA. Le point de vue adopté est la méthodologie de mesure transversale, qui regroupe l’information obtenue à un moment donné à partir d’un échantillon de clients mûrs, c’est-à-dire dont la relation avec l’institution financière est de 2 ans ou plus, avec en même temps la collecte d’information d’un groupe de comparaison formé de personnes qui n’ont pas participé aux programmes de microfinances ou, en alternative, qui sont des personnes ayant moins de 3 mois de participation aux programmes de microfinances.

Le travail comprend trois niveaux d’évaluation : 1) l’unité économique du client, ou de l’ensemble des entreprises, affaires ou activités économiques auxquelles participe le client de l’institution ; 2) l’unité familiale, ou du foyer constitué principalement par toutes les personnes qui partagent le même toit et la même source d’alimentation ; 3) le client en tant qu’individu ou personne.

Parmi les indicateurs principaux pour l’évaluation de l’impact au niveau de l’unité économique, il faut citer : a)la génération de revenus mesurée au moyen des indicateurs de montants, moyenne des ventes, frais, bénéfices et détection du changement au cours de la dernière année ; b)l’investissement avec des indicateurs tels que le montant du capital de travail utilisé, la valeur monétaire des actifs productifs de l’activité et les détections des changements dans le capital de travail et l’investissement ; on envisage aussi la diversification des revenus par l’intermédiaire des indicateurs du nombre d’activités génératrices de revenus, de la participation à de nouveaux marchés ou avec de nouveaux produits et/ou de services. On considère aussi pour l’évaluation d’impact des variables en rapport avec l’emploi, avec des indicateurs tels que la dimension de la force de travail, salariée comme familiale.

Pour l’évaluation de l’impact au niveau familial, on envisage des variables telles que les revenus familiales et l’évaluation de leurs actifs pour le domaine économique. Quand il s’agit du domaine social, sont prises en compte la sécurité alimentaire, en considérant si les foyers ont expérimenté des périodes d’insécurité alimentaire ou des changements dans l’alimentation et la présence ou non dans des centres médicaux. On retient aussi l’éducation avec des indicateurs tels que la présence dans des centres éducatifs, le niveau maximum d’éducation mesuré à partir des pourcentages de mineurs et de majeurs dans la famille.

Par ailleurs, il existe les indicateurs des conditions de logement, comme le coefficient d’entassement, la détention de services publics et l’existence d’améliorations, réfections ou agrandissements au cours de la dernière année.

Enfin, au niveau personnel sont retenues des variables d’amour-propre, d’aptitudes entrepreneuriales et économiques, qui sont évaluées à partir des indicateurs de participation à des organisations sociales, politiques ou culturelles, participation aux décisions familiales, l’existence de registres comptables, le niveau de revenus individuels, entre autres.

Comme on peut le voir, nous travaillons sur l’évaluation d’impacts économiques, sociaux et d’acquisition de pouvoir.

Nous aimerions partager avec vous notre expérience, nos points de vue et provoquer une réflexion élargie sur cette problématique.