Les documents
Les études de cas
Infotek
Organismes
Auteurs
Entrée par mots-clés
Document
Mots-clés thématiques
Axes Aloe
Retour historique sur les deux concepts « économie sociale » et « économie solidaire »
LAVILLE Jean-Louis, CHANIAL Philippe, 2001
À télécharger : chercheurs-laville-chanial [ .pdf (97 Kio) ]
Dès le dix-neuvième siècle, en Europe, la solidarité a été considérée comme un principe de protection susceptible de limiter les effets perturbateurs de l’extension de l’économie de marché. Au-delà d’une
acception philanthropique, une autre approche de la solidarité renvoyait à des pratiques d’entraide mutuelle et d’auto-organisation. Dans celles-ci, le lien social volontaire, propre à la citoyenneté
moderne, c’est-à-dire respectant les principes de liberté et d’égalité et réalisant dans l’action concrète le principe de fraternité, pouvait être mobilisé comme une ressource économique.
Cet associationnisme original a donc fourni les bases d’un projet d’économie solidaire. Indéniablement, avec la révolution industrielle conjuguée à la force de l’idéologie libérale et à la répression touchant les diverses formes d’associations ouvrières, cet horizon d’économie solidaire s’est progressivement estompé. Il en est certes resté diverses traces, en particulier dans les statuts d’économie sociale obtenus dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Néanmoins, la conquête
de formes juridiques spécifiques, différentes des sociétés capitalistes, n’a pas empêché la dispersion des organisations concernées. Leurs modes d’institutionnalisation n’ont pas échappé à la partition entre économies marchande et non marchande qui a instauré la complémentarité autant que le
cloisonnement entre marché et État social dans les sociétés européennes.
Ce long processus de banalisation a été contrecarré par un foisonnement d’initiatives dans le dernier quart du vingtième siècle. Renouant avec la volonté de participation citoyenne qui avait caractérisé l’émergence d’un projet d’économie solidaire, le devenir de ces initiatives dépend toutefois largement de l’évolution des formes de régulation publique.